Monastère
Sainte Catherine
C’est
en 337 que l’impératrice Hélène fit construire une
chapelle, dédiée à la Vierge Marie, à l’endroit
présumé du « Buisson Ardent » de Moïse.
La forteresse qui abrite le monastère actuel fut construit par décision
de l’empereur Justinien Ier entre 530 et 560 pour protéger les
moines, victimes de massacres, installés dans la région. L’enceinte
et l’Eglise de la Transfiguration furent construites par l’architecte
byzantin Stephanos. Ce n’est que bien plus tard qu’il fut dédié
à Saint Catherine, l’épouse mystique du Christ.
La
triste histoire du « Codex Sinaïticus »,
assez similaire à celle du « Codex Tchacos » commence en
1844.
Cette année là, un jeune savant allemand se rendit au monastère.
Son attention fut attirée par une corbeille qui contenait divers papiers
qui devaient servir pour amorcer le feu. Il en sortit de vieux parchemins qui
sont exposés aujourd’hui à l’Université de
Leipzig.
Il s’agissait, ni plus ni moins, que de quelques parchemins contenant
des extraits de l’Ancien Testament.
C'est probablement à
l'empereur Constantin Ier,
suite à sa conversion au christianisme, que nous devons l'ambition
de réunir sous un même format l'ensemble des textes constituant
les Saintes Écritures.
Auparavant les textes "sacrés" n'étaient pas compilés
mais copiés séparément sur des rouleaux ou des parchemins.
De plus le passage au christianisme de l'empereur signe
la fin des persécutions et permet ainsi
une large diffusion des textes chrétiens.
Le codex en général marque l'histoire de l'écriture
et du livre en particulier. Un bond "technologique" est franchi
grâce à la reliure et il faudra attendre
l'avènement de l'imprimerie avant d'en franchir un autre.
La
bibliothèque du monastère, la plus ancienne du monde, abrite plus
de 3000 manuscrits, dont le « Codex Sinaïticus » et 5000 ouvrages
religieux.
Aujourd’hui une petite vingtaine de moines orthodoxes habite le monastère
qui en comptait près d’une centaine au début du siècle
dernier.
« Codex Sinaïticus » est une des copies des Saintes Ecritures
probablement envoyée par Eusèbe évêque de Césarée
à Constantin Ier, premier empereur à se convertir au christianisme
au IVe siècle.


Le jeune savant retournera à deux
reprises au monastère
pour trouver le reste des textes.
Ce n’est qu’au cours de sa dernière visite en 1859 qu’un
moine lui proposa un exemplaire de la Bible. C’était précisément
la partie manquante qu’il cherchait ! Sur les conseils du jeune homme
le Père Supérieur céda le codex au Tsar Alexandre II
de Russie qui le remercia par divers dons. En 1933 les soviétiques
vendirent le Codex Sinaïticus à la Grande Bretagne pour 100.000
livres !
Malheureusement, lors des différentes tribulations qu'il connut, un
certain nombre de pages du codex furent dispersées. C'est dans ce cadre
que la British Library a annoncé la mise en place d'un programme de
recherche interdisciplinaire autour du célèbre manuscrit actuellement
en cours. Le travail porte sur trois axes:
la conservation, la traduction, la numérisation et la mise en ligne
de la plus ancienne Bible du monde, reconstituée du moins virtuellement.
Il est aussi question de la réalisation, sur papier, d'un fac-simile
car les pages
originales en peau de bœuf, recouvertes d'une élégante
calligraphie grecque sont aujourd’hui intransportables ...
Quatre institutions (possédant chacune une partie du manuscrit) y participent:
la British Library elle-même avec 342 pages, le monastère Sainte-Catherine
avec12 pages,l'université de Leipzig avec 43 pages et la Bibliothèque
d'État de Russie avec 5 pages.
Signalons que les moines de Sainte-Catherine réclament toujours officiellement
le retour de l'ouvrage au monastère. Le Codex Sinaïticus est l'un
des deux plus anciens manuscrits (avec le Codex Vaticanus) reprenant l'ensemble
du canon biblique tel que nous le connaissons actuellement. Il représente
donc une étape cruciale dans le développement de la chrétienté.
Une page du Codex Sinaïticus,
issue du livre d'Esther,
et conservée à la
Bibliothèque de Leipzig
Les
342 pages du Codex Sinaïticus
exposées à la British Library de Londres
photo Tan/AP
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Uri Juda
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Georges Millet
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Georges Millet